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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 00:12

Allez,  on remet la compresse... On nous signale ça : pgriffet.site.voila.fr/PF.htm


Déjà, bon courage, ça c'est de la communication qui se soucie d'être lue, vingt dieux. Quant au  contenu...


     J’ai tendance à privilégier la démarche « Etat des lieux objectif et documentaire ». Je n’aime pas cette succession de citations qui sont visiblement choisies de manière subjective et tendancieuse en associant un problème avec un autre, et au sujet desquelles les conclusions de l’une paraîtront pseudo-logiquement devoir s’appliquer à l’autre. Il faut comparer ce qui est comparable : le voile est une affaire qui vire au populisme, à l’heure actuelle ; l’excision une chose qui remue les tripes, la répudiation une injustice pour certains, mais la loi pour d’autres, l’apartheid une réalité sociale et la pub "que c’est d’la merde", grosse fatigue, z'avez rien d'autre en magasin?... et pour évoquer en une phrase le poil dans le X, on  se prend dans les gencives 20 lignes sur les lavements et les dilatations anales que les actrices pornos subissent ; on a même droit à l’évocation des pédophiles violeurs, décidément c’est complet… quel rapport avec l’épilation, misère…  attends, j’ai failli oublier la culture musulmane (et non pas la religion, on s'empresse de nous le préciser) !

 

J'ai gardé le meilleur pour la fin: Malédiction des origines! Poil sur le potage? Oui, bon, mais encore ?

 


Bonjour le sac à dos.

 

 


C’est pas si simple que ça, et je me méfie donc des amalgames...    Je me méfie du saupoudrage de phrases-choc, quand il n’est pas appuyé par une argumentation, quand la continuité veut prouver par le mantra et non pas donner des éléments contradictoires pour que le lecteur fasse lui-même son chemin. Manière, à mes yeux, de dire en sourdine que le crétin moyen n'a pas de conscience d'être opprimé.

Mais d'abord 1) S'il est heureux ainsi, de quoi je me mêle... et de 2) S'il en est malheureux, il a ses propres ressources pour en sortir - quelle urgence y a-t-il? - , qu'il veuille ou non de celles qu'on lui tend altruistement (rleukh, ce mot me donne toujours la sensation d'une peau de kaki sur la langue). Bref, cet espèce de batmanisme impatient de libérer les victimes me fout de l'urticaire. Ma référence: le triangle de Karpman, dit aussi triangle dramatique:  http://fr.wikipedia.org/wiki/Triangle_de_Karpman


 

 

     Mon propre point de vue est que la question du poil féminin n’est pas une revendication de liberté. Question de perspective, et je préfère la mienne : ne me sentant pas emprisonnée, je ne peux adhérer à ce discours. Il est en effet régulièrement question de résister,  de se dégager d’une dictature, d’un puritanisme, d’une censure souvent évoquées comme d’origine masculine d’ailleurs, et qu’en tant que femme je ne verrais plus comme telle, tellement elle est intégrée (un peu facile… on ne peut prouver une chose par son absence, un peu manipulateur, comme raisonnement...).  J’y réponds, entre parenthèses, que pas mal d’hommes pourraient bien avoir intégré une image peu flatteuse de leur sexe… et que la misandrie, et l’auto-flagellation ne sont peut-être pas loin non plus.


Je préfère raisonner en termes de positivisme, évoquer ma propre vision de ma féminité, la charge érotique liée aux odeurs par exemple (qui, poil / pas poil, sont toujours présentes, faut pas déconner!), la tension liée au fait d’anticiper le pouvoir décuplé d’une caresse sur une peau nette: question de sensibilité personnelle ; et non pas universelle, comme il est prétendu dans ce texte, avec d'ailleurs une nette tendance à considérer cette pensée comme supérieure, comme beaucoup d'autres lues là...

 

    Si s’épiler fait mal (et donne aussi parfois du plaisir…), c’est son bénéfice que je vois. C’est le sexe et ses délices qui me semblent importants, dans l’histoire. Chacun son imaginaire d'amour, chacune sa propre vision de  sa féminité... Mon credo, le voici:  « Comment je me plais, détermine comment je me sens belle. Comment je me fais plaisir, c'est mon affaire». Personne ne peut le déterminer pour moi, pas même une autre femme. Et à coup sûr, aucun collectif qui produit une pensée unique et laminatoire!


    Décidément, le féminisme me fait peur : une lutte pour conquérir une place, si elle s’assortit de trop peu de mesure mais au contraire d’un enfermement doctrinal , me hérisse car me contraint. Que le féminisme se targue d’expliquer des choses ne leur confère pas le grade de vérités, ni au mouvement celui de  détenteur de ces prétendues vérités! Et je suis seule, chacun est seul à décider ce qu’il veut faire de son privé, c'est à dissocier du politique, de manière à ce que chacun et chacune puisse les réunir en son nom propre s'il le désire.… L'esprit des chiennes de garde n'a pas à s'inviter dans mon lit, y'a déjà bien trop de fantômes qui tournent là-autour, si j'en crois les psys. La partouze psychique est à son comble: on vous écrira si votre candidature cadre avec nos objectifs ( sous-entendu, heuh, "Bonne chance pour trouver le poste qui vous conviendra").

Du coup, cette affirmation comme quoi "le privé est politique", fait monter en moi un frémissement zygomatique annonciateur de joie, mais qui reste hémifacial car pondéré d'une certaine mélancolie devant cette capacité à froisser les joies intimes, en prétendant y mettre la patte...  Comment arriver à transformer en une aire de combat et en désert asséché les belles oasis individuelles où se prélasser, en se réjouissant de préludes et de plaisirs variés... ça c'est une recette mise au point avec une détermination qui me fait tomber les épaules de découragement.


 

    Au chapitre de la morale, maintenant: qu'elle soit grecque, ou vienne d’autres endroits de l’Antiquité, du Moyen Age, ou d’autres cultures, elle n’est immorale pour nous - et à certains égards seulement - que parce qu’elle reflète une autre morale. Le bien et le mal se redéfinissant continuellement, il y a une nuance de perception de taille ! Le poil en Afrique non-musulmane est célébré ? Oui, bon et alors? Encore une norme, et rien qu'une norme, très anecdotique, de plus. Mon éthique me dit que la morale des autres ne doit pas appeler de jugement de ma part. Comment tenter de la comprendre, sinon? Car comprendre, c'est cohabiter, au final.

 

Pour reprendre et paraphraser une injonction contenue dans cette même page web - de deux kilomètres, heureusement que l'auteur nous en avertit, on ne s'en rendrait pas compte...

...Si vous faites partie des personnes qui croient sincèrement penser sans pression, pour elles-mêmes, je vous invite à réfléchir aux notions de libre arbitre et de pression sociale… Une nouvelle norme à la place d’une autre, ça n’a rien de géniâââl - c'est de la tyrannie  qui ne se dit pas, et de l'opportunisme qui attend simplement son heure.

 

     Ce qui a une chance de l'être par contre, c’est le flot continu de la réflexion et de la remise en question de tout ce qu’on peut lire, entendre et subir dans tout media; cette page web y compris. Fouillez-vous! Donnez-vous les moyens de ne pas être gavé, mais de choisir ce qui résonne le mieux en vous, chaque jour, en continu. Remettez en question, continuellement. En dernier recours, c'est l'esprit qui va rester libre.

     De même, reprenant les termes de l'auteur de cette compil', et qui évoque des discours extrémistes, je peux aussi dire que cette page interminable est pleine de clichés et de contradictions… on voit toujours moins bien les siens propres. Qu'on appelle d'ailleurs souvent convictions intimes à ce moment-là : c'est bien plus flatteur comme ça et ça auto-justifie leur émetteur !


    Je préfère dire que chacun a ses valeurs, et qu’il lui appartient en propre de les examiner, de les réviser… ou pas. Libre-arbitre, pouvoir d'évoluer, et d'en faire le choix du comment... et surtout lâcher-prise sur l'opinion et le chemin d'autrui: les voilà, mes valeurs.

 

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