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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 09:15

Hé bien, comme le temps file…

Je reviens après 18 mois de péripéties pré, péri et postopératoires. Et de silence, car j’étais concentrée sur mon petit nombril, au propre comme au figuré !

 

Oui, c’est fait, mon estomac est réduit des 2/3 en tous cas… depuis mars 2020, j’apprivoise ma tuyauterie nouvelle.

J’ai perdu 40 kilos. Je reconnais enfin ma silhouette dans les miroirs, et les vitrines des magasins… et mes 15 ans d’errance, entre ma thyroïde qui n’en pouvait plus et mes tendinites diverses, je m’attache à en tirer de précieux enseignements pour profiter à fond de cette nouvelle chance qui m’est offerte (que je me suis offerte, en fait…). La disponibilité mentale est décuplée, je retrouve ma nature d’hyperactive ; mais qui a appris à doser les efforts intenses et/ou soutenus, avec les périodes de repos du genre félin. Plein de projets… initiés, pas toujours réalisés, mais mis en attente, ou retransmis…

 

Et j’ai commencé le rugby, carrément. Après quelques recherches sur le net, quelques entraînements insatisfaisants avec le club le plus proche de chez moi, j’ai découvert une ambiance conviviale, extrêmement chaleureuse, à 30’ de mon domicile. On m’apprend, j’apprends à mon rythme, je découvre les joies de la mêlée tous azimuts, du travail d’équipe pour faire avancer la ligne vers l’en-but adverse…

J’ai tout à rattraper ! Alors en plus des entraînements, j’ai rejoint l’Ecole du rugby, c’est à mourir de rire, je côtoie des lulus de 5 ans et plus, mais aussi 2-3 carrures à ma taille. Je me fais enguirlander par des mouflets qui m'arrivent à la taille quand je commets un hors-jeu, je fais des erreurs de débutante (ne pas reculer pour recevoir une passe) and so on, mais qu’est-ce que je me marre ! Et au passage, je seconde les formateurs pour prendre en charge des gamins turbulents... l'un d'eux, régulièrement, pour lui apprendre à mettre son casque de manière à ce que ses longs cheveux soient dessous, et non pas en rideau devant ses yeux. Je me fais écraser les arpions (ça fait mal, les crampons d'un ado de 90 kilos...), je me tords les chevilles dans les trous de terrain (lève les pieds, Clem !!! ), je fais des roulés-boullés quand décidément je perds l'équilibre... en arrière et en avant... une joueuse, la fille de la présidente, m'encourage à tout bout de champ, les autres aussi, mais celle-là m'a prise sous son aile.

Première commotion il y a 15 jours, j'ai été dégueuler au bord du terrain, mais ce n'est pas tant le choc à la tête qui était en cause: j'étais en hypoglycémie, clairement. Donc je prends avec moi des biscuits pour éviter le malaise.

 

Bobos, bleus, courbatures.  Doigts massacrés. Quelques gnons à la tête… Pas une semaine sans avoir quelque chose à soigner ; la première des précautions étant de me plonger dans un bain de sels d’Epsom en revenant du pitch ! Je réunis les doigts tordus avec leur voisin pour disposer d’une attelle naturelle et assurer mes réceptions… je prends mon sac de glace avec moi… j’ai acheté mes premiers crampons, mon premier protège-dents… le casque, on verra si c’est vraiment nécessaire, j’apprends la prudence et à moins exposer mon crâne. Déjà qu’avec le protège-dents on a l’air d’avoir sérieusement besoin des services d’un orthodontiste, le casque donne carrément une allure de demeuré peu compatible avec la fierté !

Je me gave de matches à la TV, ça tombe bien, entre tournoi des Six-Nations et Challenge Cup. En corrélant avec les règles du rugby que je trouve sur le net, je commence à comprendre les subtiles règles de ce jeu, presque toutes faites pour assurer la sécurité des joueurs.

 

Maintenant, que je vous raconte un peu les trucs que j’ai dû affronter avant de pouvoir me décentrer de mes prises alimentaires… Là, je gère assez bien, mais en prenant 5 ou 6 repas par jour - en fait, mes collations sont aussi « généreuses » que les 3 repas usuels.

 

Alors… commençons par le commencement : post-op immédiat : je crève de faim ! Les 5 jours suivants, je fais connaissance avec le douloureux spasme d’un œsophage dit « casse-noisette », qui réagit même à une infime gorgée d’eau. Qui durera 9 mois. Redouter de manger, tiens, ça c’est neuf et pas intéressant ! Pour boire le minimum de 2 litres par jour qui m’est recommandé (et que je pratique déjà depuis plus de 30 ans…), je m’installais avec un bock d’eau et une paille, en équilibre sur mon sternum, et je suçotais à longueur de journée. Alors manger, hein… mais je me suis débrouillée pour trouver un mélange de protéines en poudre, pour minimiser les dégâts. Pendant un certain temps, j’ai régurgité pas mal de mes repas – pas vomi, mais juste restitué le trop-plein qui finissait par s’accumuler juste en-dessus de mon estomac – on voyait bien, en examen radiographique après avoir bu du liquide de contraste, que le passage était resserré : on voyait le liquide en-dessus et en-dessous de la zone, mais rien dans la zone elle-même.

Dégoûts alimentaires, sens du goût perturbé... 

Le suivi post-op a démontré que je n'avais aucune carence, au contraire... je me suis tapé une hypervitaminose C, et j'ai dû freiner les comprimés effervescents.

 

Oh, ils me font juste un peu chier avec leur désir de trop bien faire, et de me bourrer de vitamine D et de calcium. Je skippe sournoisement les prises... et rien dans mes examens de labo ne le montre, alors, hé hé, allez vous faire voir avec vos ordonnances, na.

Quand même et c’est normal, j’ai perdu de la masse musculaire, jusqu’à passer d’une silhouette en boule, à celle d’un « V », selon les critères de Christina Cordula. Mon popotin de femme, disparu, fesses plates, moi pas contente.

Les tendinites diverses, donc ma propension à m’écrouler sur les genoux après 10 m de course, couplées à mon envie de rugby, m’ont amenée en médecine du sport, et je suis suivie depuis plus de 6 mois par une physio qui me triture, m’étire, et je le fais moi-même à peu près tous les jours. Je travaille avec des bandes élastiques, des étirements… et finalement il y a 15 jours, après une séance de tirs au pied, je sens enfin la douleur lâcher ! Et j’ai mal de manière symétrique, enfin ! Bon, ça voyage entre les lombaires, les pyramidaux, mais ma hanche commence à me foutre une paix royale… et j’ai pu me mettre à courir, raisonnablement, lors des exercices enchaînant démarrages, pompes et crochets. Outre que mes fessiers et mes cuissots reviennent, je sens que je muscle mes deltoïdes, mon cou… il faut, hein, parce que lors des poussées, c’est facile de se niquer les zones les moins fortes.

Toutefois, je remplace les 12 minutes de course des débuts d’entraînements par des enchaînements avec des mini-bandes – contente d’entendre que courir 12’, ça fait juste emballer la pompe, et ne protège en rien des blessures. Et puis le spectacle d’une coéquipière qui s’est offert une crise d’asthme lors de cette phase de préparation qui date d’un autre âge, eh bien ça m’a confortée dans ma décision. D’ailleurs je sens que je suis mieux échauffée, de la manière que j’ai choisie, appuyée par une joueuse qui nous montre comment utiliser au mieux les mini-bandes.

 

Outre ces aléas auxquels il fallait bien s’attendre, j’ai enduré pendant presque 10 semaines une plaie de deux cm sur l’abdomen qui contrairement aux autres ne se fermait pas, coulait… et c’est quand j’ai eu l’idée de porter une culotte gainante que la poche de liquide, qui se reformait sans cesse, a cessé de se remplir pour s’auto-entretenir, et a fini par cicatriser. Donc que mon ACNES (syndrome douloureux du nerf cutané antérieur), a fini par s’amender. Oh, ici et là, je sens que les bricolages internes (ceux d’il y a dix ans, quand j’ai laissé ma vésicule biliaire sur le billard – et les derniers), ont probablement laissé des adhérences, des trucs qui allaient finalement peser sur mes viscères et mon système musculo-tendineux de la hanche. Mais on travaille tout ça en physio, avec le reste.

 

Que manque-il à mon bonheur… et bien un petit voyage en Afrique du Nord pour aller retendre les zones de peau relâchées et corriger la vilaine déhiscence de la cicatrice qui coulait. On va faire ça dès que possible !

 

Dans l’intervalle, j’ai repris du service en blouse blanche, comme testeuse COVID auprès des CFF… et j’ai tapé dans l’œil de la directrice d’une école paramédicale : me voilà enseignante à quart-temps en anatomie-physiologie, pathologie et terminologie médicale… et il est bien possible que ça passe à un pourcentage qui me permettrait de larguer toute fonction infirmière.

 

Que demander de plus ? Du moins pour le moment, hi hi !

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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 18:51

 

 

Je tombe ce matin sur l’annonce de la mort de David Graeber, et du coup sur ses idées et écrits.

 

Devant son raisonnement sur les jobs de merde, je retiens quelques sujets de controverse, notamment le fait que les tâches de merde, il y en a partout à accomplir, même dans les catégories professionnelles qui si elles disparaissaient, feraient s’effondrer la structure sociale (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Bullshit_jobs#Controverse); ce qui, en soi, les désigneraient comme n'étant pas des jobs de merde. 

Le problème c’est qu’il y en a de plus de plus, de ces postes créés pour soigner les bobos dus à l‘envahissement récent de l’informatique ; et qu’outre les probables jobs de merde que la surutilisation de la technologie numérique a engendrés, les tâches de merde envahissent tous les secteurs.

 

Quelque chose déconne sérieusement au pays du travail… étant infirmière de premier métier, le virage pris avec l’utilisation des computers m’a consternée. Et très pratiquement, j’en ai souffert lors de mon opération il y  six mois : sous prétexte d’organisation logique des soins, obtenir les calmants auxquels j’avais droit est devenu une vraie gageure… ce n’est que parce que je suis diplômée et que je sais quoi prendre et quand, que l’on m’a pour finir donné toutes les 6 heures l’entier de mes réserves sur ma table de nuit : je gérais moi-même en fonction du problème qui survenait (parce que j’étais capable de repérer quel type de douleur survenait). C’est un métier !

 

Et pourquoi ne pouvait-on pas me donner de quoi, quand je le demandais ? Parce que les soignants étaient accaparés par les tâches informatiques diverses, d’une part… et que d'autre part la routine des tournées était construite de façon telle que s’interrompre dans son travail auprès d’une personne pour gérer les soins d’une autre (à travers l’informatique…) bousculait la gestion générale.

 

Du coup, l’axe de travail se déplace, de « être au service des patients », à « satisfaire au remplissage de données ». Mais si on ne fait plus ce qu’on devrait des données, alors… à quoi ça sert ?

 

La prise en charge devient bancale, et l’instrument choisi pour l’accomplir défausse complètement sa nature-même.

 

Et je gage que c’est la même chose qui se passe, quel que soit le métier.

 

Quant à l’asservissement délibéré de la part des patrons, je vois ça différemment. C’est un glissement qui n’avait pas été prévu, mais qui peut-être arrange à présent tout le monde : les puissants…et ceux qui subissent la situation en bout de chaîne, quelque part assez contents de pouvoir accuser les détenteurs de l’autorité et du pouvoir, quelles qu’en soient les manifestations. C’est chic, les sacs de sable, pour se défouler.

 

Ce que je retiens de ma lecture de l’article sur les jobs de merde, c’est cette petite liste énumérant les divers postes – je fais raccord avec ce que je connais : le monde des soins, que j’ai vu évoluer et perdre sa route :

 

  • Les « larbins » ou « faire-valoir », servant à mettre en valeur les supérieurs hiérarchiques ou les clients

Il y en a toujours eu, et je vois ça plutôt comme faisant partie d’une attitude commerciale concernant les clients, et le glissement de l’éthique professionnelle vers un truc un peu douteux : avoir l’air d’adhérer, d’écouter, mais dans le but de conserver le client – bien moins que pour rester politiquement correct, ou du moins en avoir l’air. D’ailleurs en politique, ça s’appelle de la démagogie… et ça vise à garder le pouvoir. Alors entre les deux moteurs principaux de cette attitude, l’argent et le pouvoir, on n’est pas sortis de l’auberge !!! Même dans les secteurs supposés être sans intérêt lucratif, on commence à chercher à tirer des bénéfices, faut pas croire que l’altruisme est si désintéressé que ça : le fric qui rentre, c’est une marge de sécurité…

Et puis se surveiller constamment pour rester inattaquable au taf, dire les choses avec un certain vocabulaire précautionneux, ou simplement décider de se la coincer pour garder sa job, vu que la majorité d’entre nous a des factures à payer.

  • Les « porte-flingue » ou « sbires », recrutés car les concurrents emploient déjà quelqu'un à ce poste, et dont le travail a une dimension agressive

Là, c’est une histoire de concurrence, exacerbée par les réseaux sociaux et la triste réalité : la technologie laisse sur le carreau quiconque pense être assez malin pour se passer d’un site et d’un Community Manager quand il faut vendre son produit ou son service.

  • Les « rafistoleurs » ou « sparadraps », employés pour résoudre des problèmes qui auraient pu être évités

Ce pan-là, il se développe à proportion de l’invasion technologique qui mange littéralement le temps de travail ; devoir employer des chargés de communication, pour encaisser les mécontentements, user de la langue de bois pour apaiser les grognons… et bien c’est devenu un taf à part entière. Dévoyage d’une partie de fonction, encore une fois.

  • Les « cocheurs de cases », recrutés pour permettre à une organisation de prétendre qu'elle traite un problème qu'elle n'a aucune intention de résoudre

Se superpose au rôle précédent…

  • Les « petits chefs » ou « contremaîtres », surveillant des personnes travaillant déjà de façon autonome

Mais ça crée de l’emploi, en effet, et ça donne l’illusion du double contrôle, de la sécurité, et ainsi de suite.

 

 

A mon idée, ce n’est donc pas un poste, mais quelques points précis des cahiers des charges de tout le monde : le système est comme infecté par un virus social, qui fait tendre les organisations à désigner et rémunérer plein de gens pour éteindre les feux de brousse, qui repartent tout le temps. Créés par les outils numériques… et comme ça change tout le temps, ces outils, à coups de mise à jour tous les 3 mois, la dépendance s’installe.

 

Nous ne sommes rien de plus que des toxicomanes anxieux, désormais.

 

L’informatique, c’est un jouet dévoyé de sa fonction première : être au service de l’humain. Pour moi, ça devrait rester le truc fun qui me permet de concocter un gant musical pour mon petit-neveu… et au maximum, quelque chose qui facilite la vie – sans la compliquer. On est loin du compte : l’effort monstrueux fait pour maîtriser la chose fait paraître dérisoires les comptes mis en place pour la maintenir… Toutes les organisations peuvent en témoigner : la somme de travail réel accompli est inférieure au temps passé à le documenter, le tracer, et chercher le coupable quand ça merde.

 

Où est le progrès, franchement ?

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28 août 2020 5 28 /08 /août /2020 18:03

 

 

Là, je me prends pour Tom Hanks dans « Seul au monde »… sa danse de victoire quand il réussit à faire du feu, enfin, après s’être couvert les mains d’ampoules et de plaies saignantes, vous voyez ? Ben j’ai fait pareil tout à l’heure.

 

Et j’ai fait quoi, au fait ? Changé ma cuvette de chiottes toute seule, yep Madame. Le jour d’après avoir appelé le plombier pour l’évier et la chasse d’eau (qui chantait en continu) : dans le premier, marc de café et noyau d’abricot = mélange mortel pour l’écoulement ! Dans la deuxième, une gangue de calcaire autour du flotteur, 25 ans d’âge… Le brave homme m’a répété trois fois « plus de marc dedans, hein ? » comme si j’étais demeurée. Je suis restée stoïque : la satisfaction d’avoir réglé ces menus problèmes datant de plusieurs semaines l’a emporté, j’avais réussi à vaincre ma procrastination ! Y compris la plus redoutable : ne pas aller au magasin de bricolage, ni à aucun endroit susceptible de me faire régler ces soucis domestiques.

Il m’a vidé le portefeuille, l’homme de l’art, mais c’est moindre mal : évier, WC remis à neuf… la symbolique d’arriver à éliminer la merde m’a sauté aux lobes cérébraux.

 

Etes-vous comme moi ? Des riens comme ceux-là m’amènent à cesser de faire le ménage, puis à reprendre le pouvoir dès qu’ils sont réglés, comme si remplacer le dispositif qui me pinçait le postérieur, ou pouvoir faire rageusement la vaisselle, représentait un trousseau de clé de confort.

Mais il faut croire que quelque chose s’était déréglé dans mes routines : le chariot à CD coincé, ça fait un moment aussi ! Eh ben je l’ai apporté à réparer, hosannah !

 

Dernier truc bizarre, qui date de 10’ en arrière : enfin je percute que depuis 5 jours, je porte mes vieilles lunettes, qui sont rayées pourtant - j’avais bien vu les stries, mais même si elles me rappelaient quelque chose, j’avais comme le jugement faussé… il a fallu que je m’égratigne la peau derrière l’oreille pour réaliser que ce que je portais n’était pas orthodoxe : une des manchons protecteurs manquait… oh, comme sur les anciennes lunettes… du coup, j’ai regardé la couleur de la monture… et pouf, une ampoule s’est allumée. Donc depuis mon dernier entraînement de rugby, où je portais mes lentilles, je m’usais les rétines avec ces vieilles choses… A ma décharge, la couleur extrêmement proche.

 

Cervelle un rien occultée… Serait-ce le médoc que je prends pour digérer les événements cumulés - qui m’ont fait me réveiller un beau matin avec un éléphanteau sur la poitrine ?

 

Opération fin février avec longue convalescence et rééducation… de rudes interrogations sur le devenir d’une relation qui paraissait si prometteuse… et comme tout le monde, le covid… tout-à-coup, mon réservoir de bonne humeur a cessé de se remplir, comme le bassin de retenue du village dans « Manon des sources ».

 

Bon, j’ai eu une si jolie idée de projet ce matin, en visionnant une conférence de hackeuse, que ça peut m’avoir débloqué les neurones !

 

Depuis un moment, je flirtais avec l’idée de me fabriquer de quoi devenir une batterie humaine. J’aime les rythmes de Disclosure en particulier, et je me disais que si j’arrivais à coordonner mes mouvements, je pourrais m’éclater encore plus. Et vu que le chat, ayant subodoré la visite chez le véto, était parti se cacher, je me suis retrouvée avec une plage de temps libre, et tiens, pourquoi pas regarder cette vidéo tombée du ciel ce matin ? Là, je découvre un dispositif mis au point par Helen Leigh : un gant musical.

Et pourquoi pas me barder de capteurs pour tenter le coup ? Pieds, hanches poitrine, tête… Après, il faudra trouver comment mettre tout ça en remote control, pour pas ressembler à une pelote emmêlée ni me casser la gueule… ça doit être faisable.

Et comme j’ai perdu pas mal de poids, bouger redevient un plaisir dont je ne me lasse pas, tellement je suis plus à l’aise : récupérer un corps capable de se dépenser, quel cadeau je me suis fait !

 

Bonne nouvelle : je n’ai pas de carences en vitamines, mon labo est OK, le foie rouspète un peu mais rien de neuf sous le soleil, et je gère ma glycémie sans problème... Je vais pouvoir me contenter de ce que je m’enfile déjà depuis des mois, voire des années : vitamine C le matin, un peu de vitamine D et de calcium ; et les extraits thyroïdiens, et pour le moment, la pilule du bonheur (que je vais arrêter en fin d’année). Et pas de reflux gastrique : le loupage de la suture au niveau du cardia (la soupape d’admission entre l’œsophage et l’estomac) y est peut-être pour quelque chose ! Mais comme c’est redilaté presqu’à satisfaction à présent, on va dire que l’équilibre est bon.

 

Donc j’ai bien l’honneur d’annoncer que j’ai perdu plus de 40 kilos, et que ça me fait un vieux bien de pouvoir à nouveau bouger à ma guise. De la piscine en veux-tu en voilà, je tâte de l’Aquabike, de l’Aquajump, quelques séances de fitness pour récupérer les cuisses / abdos / fessiers dont j’ai besoin pour me remettre au rugby – je m’éclate aux entraînements, les exercices sont ludiques et les moments de jeu gratifiants – apprendre à construire une offensive, et puis cultiver la gentlewoman attitude qui consiste à se mettre des tatanes et se foutre par terre pour garder le ballon, puis à se relever mutuellement et se tapoter l’épaule pour manifester son fair-play. Et je suis désormais équipée de crampons et d’un protège-dents (bonjour la gueule de babouin baveux…)

 

Croiser mon reflet me fait du bien… je m’étonne juste de l’étroitesse de mes hanches, pour le moment. Mais en récupérant mon popotin, ça va sûrement changer !

 

Au programme, une correction esthétique pour enlever le surplus de peau. D’ici quelques mois, quand je serai stabilisée. Et comme je ferai ça en Tunisie, et bien ce sera l’occasion de rendre visite à ma chère pote expatriée avec sa petite famille.

 

Quoi d’autre ? De temps en temps, une belle amorce de discussion virtuelle avec des messieurs, mais rien de bien durable. Sans compter ceux qui s’emballent… et le mode « VivreUnDernierGrandAmour », et « Le corps de la fââââmme est un temple à honorer », je trouve que ça grandiloque un peu. J’aimerais assez bien croiser quelqu’un qui me fascine autant que je le fascine, et vice de Versailles. Rien que ça !

 

 

 

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16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 08:03

 

A son retour d'Allemagne, mon correspondant a besoin d'espace, overdose de contacts. 

 

 

Et là-dessus, il chope la grippe… bref, on continue d'échanger, la fièvre lui fait dire des choses tendres, très tendres. 

 

 

Mais l'un dans l'autre, quelque chose ne tourne pas rond, il dit qu'il a hâte d'être mieux pour qu'on se voie...  reprend le travail, mais s'absente alors de nos échanges durant toute une semaine, sans crier gare.

 

 

 

Me sentant malmenée, j'ai fait un travail honnête de détachement pondéré, remis en perspective les divers aspects du lien.

 

Je lui ai finalement laissé un message disant que je ne supportais pas ce rythme de montagnes russes qu’il m’imposait, que ce soit ou pas dépendant de sa volonté.

 

Et je lui ai demandé de me recontacter seulement s’il était possible de trouver un rythme de croisière.

 

 

 

Par devers-moi, j’ai clarifié une chose cruciale : ce qui me dérange, ce n’est pas ses approches fulgurantes versus auto-ghosting, j’ai bien compris qu’il fonctionne comme ça… mais qu’il m’avertisse quand il joue au fantôme. Comment pourrais-je exiger qu’il soit autrement que ce qu’il est ? Et j'en attends autant en retour; question de respect absolu de la différence, et qui réduit certes les possibilités de se croiser - mais je ne peux pas laisser la situation me bouffer ma marge de sécurité, n'imaginant même pas bouffer celle de qui que ce soit pour ma part, question d'éthique, de valeurs.

 

Ces détails-là, je me les garde pour le moment, il sera bien temps de les lui livrer s’il reprend contact.

 

 

C’est un tableau qui me rappelle celui d’une collègue infirmière, en couple au quotidien avec un étudiant en médecine désargenté. Et pour respecter le lien et les parts 50/50 à y mettre chacun pour le faire prospérer, ma collègue avait décidé de ne mettre dans le pot commun aucun argent de plus que son fiancé. Vivant tous deux chichement le temps qu’il termine ses études… 

 

 

Que l'homme soit indisponible, soit, ce n’est pas un problème - moi aussi j’ai mes moments Carmen Crü… mais quand je fais l’ermite, je le dis. Et personne ne se perd en conjectures (Clem’ est-elle malade ? Accidentée ? En coma profond ?)

 

Ou en train de mettre en pratique un idéal, et qui la mobilise en entier ?

 

Sa dernière phrase mentionnait en effet un très gros truc accompli ou à accomplir, décisif pour lui – sans plus de précision. Quelque chose à réaliser pour devenir un peu plus ce qu’il est j’imagine – et il aura toujours mon soutien inconditionnel pour ce type de démarche : voilà ce qui fait le sel des relations humaines, encourager une chrysalide à devenir papillon flamboyant, même s’il doit s’envoler.

 

 

Je ne suis pas une remorque – c’est aussi bien, car si le virage est trop serré, le coup de frein trop puissant, une remorque, ça verse dans le fossé ou ça s’encastre dans le véhicule de tête.

 

J’ai les tripes en dentelle, mais je préfère être nette.

 

 

Et j’espère qu’il a bien compris mon propos : la porte reste ouverte s’il est possible de débroussailler cette pelote-là, et de trouver un accommodement qui permette de se côtoyer sans s’envahir – paradoxalement… même en faisant le mort. On en avait déjà parlé, de débroussailler les pelotes, et ça paraissait OK, voire indispensable, et même passionnant à faire.

 

Je sais qu’il a lu mon message.

 

Et si dans une semaine, un mois, un an ou même plus, il se montre disposé à négocier les termes de notre voisinage, je l’accueillerai à cœur ouvert – le lien noué laisse entrevoir la possibilité de devenir extraordinaires ensemble, plutôt que simplement excellents séparément.

 

 

Et c’est aussi pour ça que je dois me protéger - élevée en femme, j'ai été fortement conditionnée à servir, en oubliant mes propres besoins.

 

 

En attendant, chacun doit bien s’occuper de lui-même, sans frein – pour ma part, je planche sur un projet d’outil à proposer à des aphasiques, et qui entremêle les possibilités offertes par un FabLab de la région.

 

 

Je vais me faire plaisir, là! Le truc repose en partie sur de l'impression 3D, et en partie sur la mise au point d'un programme informatique. Avec comme premier exercice d'impression 3D, la production de headbands-zigzag, qui ne sont plus produits nulle part semble-t-il, dont j'ai gaulé les 3 derniers exemplaires existants sur la toile - j'ai intérêt à assurer la suite si je veux me coiffer à ma convenance.

 

Ensuite, on s'attaquera au projet réel... et je dois trouver des personnes OK pour tester le système; donc déjà prendre des contacts avec des associations.

 

 

Au boulot Clem' !

 

PS: je réouvre… car il s'est manifesté, s'excusant pour le mutisme, cœur embrouillé… reprendra la plume plus tard pour mieux détailler.

A quoi j'ai répondu en précisant de quoi j'avais besoin: non pas qu'il change, mais qu'il m'avertisse quand il se met en retrait. (A suivre…)

 

PPS: je ré-réouvre... car malgré la bonne volonté manifestée, bien des questions restent floues, on ne s'est mis d'accord sur rien, il a l'art de sembler répondre mais sans le faire vraiment, il promet d'écrire longuement, mais toujours rien - cette inertie me rend dingue.

Et dans mon dernier mail avant de le bloquer sur le site (et de l'en avertir), je le lui explique.

Il a mon numéro, il n'a qu'à s'en servir.

 

 

 

 

 

 

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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 10:02

 

 

Sur le net, je croise le chemin d’un garçon qui se décrit avec des oxymores qui me tiltent assez vite, et c’est réciproque, immédiatement, avec une force imparable.

 

 

Trois jours d’échanges serrés, riches, détendus, délicieux.

 

Le quatrième, début de chat qui me refroidit direct, orienté cul, je n’aime pas et le dis… tout en avouant que j’ai déjà de la peine à me passer de nos discussions. De son côté, il confesse avoir fantasmé et trouve qu’on fit particulièrement bien, non ? Je réponds que oui, clairement et comme jamais pour ma part. Mais que même si je le trouve très mignon en photo, ça ne fait pas tout, de plus il n'a jamais vu de photo de moi, même de mon visage; pour aller plus loin l’alchimie doit s’en mêler et les phéromones parler. Je souhaite revenir à nos messages pour le moment… Le fit est clair, pour le fist on verra.

 

 

(J’ai déjà risqué le sexe dans une belle relation, sans ressentir d’attirance physique, avec ce préjugé qui fait se dire que « ça va venir vu que le reste est superbe», et le cassage de gueule était douloureusement inévitable ; et comme mes hormones me foutent la paix dans cette période de vie, je me rends bien compte qu'à présent je fais la part des choses avec facilité - une grande discussion survenue ce printemps avec mon meilleur pote a été révélatrice: j'ai mieux compris pourquoi lui et moi, depuis 6 ans qu'on se fréquente étroitement, on reste dans l'amitié, alors que les potes s'étonnent de ne pas nous voir "ensemble". )

 

 

 

Trop bouleversée quand même, j’abandonne l’échange et me réfugie, rageuse, dans mon programme du jour. Les montagnes russes émotionnelles, toute la journée, le sentiment d’avoir trouvé la carte au trésor et de l’avoir vue s’envoler dans un lieu inaccessible, sur un coup de simoun. Merde, comment va-t-on s’en remettre ?

 

Je cherche sur la toile un truc que j’avais vu il y a quelque temps : la sapiosexualité, c’est-à-dire le fait d’être séduit par l’intellect. Perplexe quand même. On se rassure comme on peut.

 

 

 

Au terme de la journée, reprise de contact qui nous détend tous les deux, on a des pelotes à débroussailler ensemble, et comme il dit, si les choses étaient toutes blanches ou toutes noires, ce serait moins drôle, la vie.

 

 

Si déjà on pouvait devenir la paire de complices que la rencontre laisse entrevoir, ça me ferait un cadeau de Noël du tonnerre d’Ouessant !

 

 

 

Et je prends conscience, en m’auto-examinant soigneusement, que quand même, sa brutale entrée en matière qui m’a cueillie à 6 00 du mat’ m’a émue au niveau du slip. Je garde ça pour moi pour l’instant, ça sert à rien de s’emballer pour retomber de très haut si nos épidermes ne se parlent pas. Et j’ai soin de faire taire cette insupportable petite voix raisonnable à la con, qui objecte avec des airs de duègne espagnole que nos 25 ans de différence sont une raison majeure pour ne pas entrer en matière. Connasse de duègne. Comme s'il n'était pas clair qu'il s'en fout, de notre différence d'âge!

 

 

 

Et puis, en pleine préparation à un changement physique cataclysmique, pas particulièrement à l’aise avec mon enveloppe corporelle en ce moment, me préparant à une année de changements majeurs, assortie à la fin d’une correction esthétique plus que probable, j’ai du chemin à faire pour accepter un chamboulement supplémentaire, qui plus est de cet ordre.

 

 

 

L’homme part aujourd’hui en Allemagne une semaine, son voyage annuel depuis dix ans à un colloque international de hackers. Pour maintenir le contact vu qu’il va être très pris, je lui concocte une petite playlist de choses douces, du rock blues, pour détendre la boule de nerfs qu’il dit être.

 

 

 

Mais déjà, même si les choses ne vont pas plus loin, le débarquement de cet OVNI me fait un bien immense.

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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 08:20

 

 

Petit train-train d’avant les Fêtes : tenter d’échapper à la dinguerie ambiante, me promettre - une fois de plus ! que je ferai tout mon possible à l’avenir pour disparaître d’ici jusqu’au 5 janvier, à partir de la réunion de famille vers la Noël ; un des rares moments, sinon le seul de l’année, où je peux voir sœur, neveux et doudous respectives, le premier et dernier-né, l’aïeule qui est en pente douce vers la sénilité.

 

 

Les cadeaux, menus ou pas, je les ai collectés au coup de cœur pendant toute l’année.  En Tunisie, ou par commande sur le net, ou lors d’expositions de BD… Particularités : les billets glissés dans des cartes de vœux concoctées maison, pour le neveu qui a une main en or pour le dessin et besoin de sous pour acheter son matos… et pour celui qui veut équiper son vélo en propulsion électrique… et les chocolats fins pour l’ancêtre à qui il n’est plus question d’offrir quelque chose qui se lit ou se regarde, vu que ses yeux la trahissent. L’an passé, je lui avais trouvé une compil’ des meilleurs buts de la Squadra Azzura, cette année elle peut même plus regarder la téloche.

 

 

Un petit voyage de 4 jours à Marrakech fin janvier, avec une amie qui me devait bien ça vu le sacré coup de main que je lui avais donné pour torcher son travail de brevet il y a 2 ans…

 

Un contact fort sympa noué sur le net, avec un geek punk et métallo, qui tout féru d’informatique qu'il est, peine tout de même à trier des données pertinentes sur le net, et que mes tricotages de charcuterie pour un décor de théâtre font bien rigoler. On échange sur les besoins en éducation sur les moyens de se faire traquer le moins possible sur la toile… le Big Data… l’agacement de se faire repérer comme potentiel consommateur de tout et de rien (vous voyez la nom de Dieu de pub' qui apparaît au milieu de mon texte?)… bref, la maîtrise de sa propre défense numérique, surtout pour ceux qui se croient tellement malins avec leur super phone à 600 balles, mais manquent de se faire shooter et tuer sur la place publique à force de pitonner sur leur joint numérique tout en marchant.

 

 

Et je continue de recevoir des demandes d’aide pour le français et l’écriture, ça se suit…

 

Bon, tous ont besoin d’être canalisés ou rassurés, un aspect de la prise en charge qui décidément ne peut être mis de côté : écrivain public sans empathie n’est pas écrivain public.

 

La nouveauté : un gosse de douze ans avec un profil d’apprentissage VAKOG particulier, l’espace et lui ça fait deux, donc je m’amuse avec des emballages en carton et un cutter pour lui faciliter le passage de 2 dimensions à 3 - en ne laissant que les côtés du cube. Stimulant, je n’avais encore jamais vu quelqu’un qui score aussi bas de ce côté-là.

 

 

Et une demoiselle de 14 ans, qui en paraît 18, anglophone et de père francophone, récemment rapatriée de Singapour et souffrant d’un français approximatif, qui en plus n’aime pas la lecture – gros handicap, vu que c’est en lisant qu’on apprend à écrire ! Le tableau est simple : ses profs disent qu’ils ne comprennent pas ce qu’elle écrit. Y’a du boulot... 

 

Donc au lieu du « Candide » de Voltaire qu’elle est censée déchiffrer et assimiler (j’ai avoué, à elle et à ses parents, que j’avais calé après quelques pages…), lui fournir en première instance une liste de nouvelles plus attrayantes, plus fun, les « Chroniques martiennes » de Ray Bradbury par exemple, et les « Voyages de Gulliver » de Jonathan Swift, ainsi que « La ferme des animaux » d’Orwell, histoire de rester dans le conte philosophique. Quand j’ai parlé de ce dernier ouvrage, je l’ai vue s’illuminer, ça lui disait bien quelque chose, cette histoire de cochons qui prennent le pouvoir de manière stalinienne. Y’a du boulot, certes, mais il y a de l’espoir ! Le père m’a dit qu’ils avaient bien aimé mon approche sérieuse et ludique à la fois, et que la liste des ouvrages que j’ai indiquée serait mise sous le sapin de Noël. On reprend contact la semaine prochaine, je pense qu’on va continuer à travailler ensemble.

 

 

Mais aussi, et moins drôle, une pépette qui veut le beurre, l’argent du beurre et la crémière : en formation dans les soins, informée à la rentrée (septembre) qu’elle a à produire un travail écrit pour mi-février, également informée en même temps de mon existence, elle attend début décembre pour me contacter, loupe ou repousse ses rendez-vous de manière à ne plus disposer que d’un mois et demi avant l’échéance, et refuse de payer 2 misérables heures de travail de recherche pour lui fournir une bibliographie qui tient la route. Devant son incorrection, et ses tentatives répétées de renégocier à la baisse les tarifs après avoir pourtant accepté les conditions, j’ai cassé la collaboration. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que je suis en contact avec sa référente, on se connaît personnellement, et on voit bien qu’elle va sûrement devoir redoubler vu son manque de disponibilité générale pour se former. Donc aucun remords.

 

Bref, j’apprends encore, au prix de 140 CHF qu’elle ne va sûrement pas verser, l’importance de faire signer un petit contrat auquel je peux me référer pour me faire respecter, et qui d’ailleurs est tout prêt dans mes archives - vous allez me dire que c’est la base, mais j’étais si confiante vu les deux précédentes bonnes expériences vécues dans le même créneau… que j’en oublie que les arnaqueurs, on en trouve même dans les soins.

 

Et je me remets en mémoire un autre truc imparable : ne pas accepter d’intervenir s’il y a moins de 2 mois de délai, moyennant également que les gens soient prêts à en mettre un sacré coup pour combler le retard, l’expérience me montrant que 3 mois c’est idéal pour mener le projet à bien.

 

 

Côté santé, j’ai passé le dernier examen avant de poser la date opératoire, c’était épique - une gastroscopie sans anesthésie, c’est assez space – mais c’est moi qui n’ai pas voulu qu’on me shoote, je déteste vasouiller toute une journée à récupérer mon cerveau. J’avais assez bien supporté la première, celle du tout début, pour être acceptée en consultation ; alors allez-vous faire voir avec ça, et merci quand même pour les félicitations concernant mon courage.

 

Par ailleurs, je me demande à quoi sert d’avoir un dossier informatisé accessible par tous les services d’un CHU… si c’est pour réaborder avec une infirmière de consultation des choses déjà connues, fixées : pourquoi me bassiner avec mon choix, comme si je ne l’avais pas fait en connaissance de cause… bien informée que je suis, à double-titre, comme infirmière et comme documentaliste.

 

Et c’était juste décourageant d’expliquer 5 fois pourquoi je venais – nan, je n’ai pas de brûlures d’estomac, on a juste besoin d’être sûrs que la méthode opératoire qui a ma préférence est compatible avec mon reflux gastro-œsophagien physiologique. Il l’est, donc c’est plié, mon choix pourra être respecté. Néanmoins, j’ai eu droit aux tentatives de persuasion du chirurgien pour opter pour le by-pass : évoquant des complications rares mais possibles, il m’a juste fatiguée avec son noir tableau de fistule gastro-pulmonaire… et m’impose un délai de réflexion, fixant un nouveau rendez-vous 7 semaines avant la date de l’opération, enfin décidée pour le 25 février, hosannah !

 

 

La date de l’opération ne pouvant être fixée qu’à la suite d’un cours de préparation alimentaire pré-op et post-op … et du coup, ne pouvant avoir lieu entre le 15 décembre et le retour de tous les collaborateurs en janvier, vu que rien n’est programmé dans ce créneau histoire de pouvoir accueillir les seules urgences, j’ai dû me plier à la routine et me taper 3 demi-journées avec une diététicienne, et un groupe qui va passer au trabetzet ces prochaines semaines.

 

Le genre de truc qui me fait dire « Mais qu’est-ce que vous voulez m’apprendre à moi, infirmière, sur le régime turmix et l’équilibrage de la pyramide alimentaire ??? » Sans déc’… Voyons les choses positivement : le délai imposé rend possible de caser ma formation validante de Community Manager juste avant, et c’était plutôt sympa d’échanger avec d’autres candidats – tous voués au by-pass, c’est moi l’extra-terrestre, avec ma sleeve.

 

 

Du coup j’en profite pour tester sur 3 mois un traitement qui agit un peu comme l’opération en vue et me coûte la peau du Q – car expérimental donc non-remboursé par mon assurance (par aucune, d’ailleurs !). Et pourquoi pas : on m’avait dit que c’est pour faire de la place au chirurgien, comme ils disent élégamment, puisque ça se fait par laparoscopie. Et la perte de poids qui commence à mi-novembre au lieu de 14 semaines plus tard seulement, je suis preneuse, claro que si !

 

J’apprends entre temps par le chirurgien, moqueur, que seul le régime pré-op de 15 jours - épargne hépatique stricte - est susceptible de faire de la place en réduisant la taille du foie de manière à lui dégager la vue… mais bon, c’est aussi bien d’être mise en situation de gérer un estomac réduit des deux tiers, sans qu’il le soit déjà : l’opération est irréversible.

 

 

Bref, je me pique tous les jours comme une diabétique, et j’en reste à moins de la moitié de la dose maximale, pour éviter le blocage presque complet du transit et des insomnies redoutables, mettant à mal mon confort minimal. Ceci malgré les objurgations de la diététicienne, qui semble prioriser une perte de poids maximale… qu’est-ce que je m’en fous, si c’est pour devoir me faire des lavements et péter une durite à la moindre contrariété, vu que je ne dormais plus que 2 30 par nuit avec les 2/3 de la dose maximale… le chef de clinique s’en souvient, je l’ai dégommé proprement, vu qu’il ne me regardait pas et se plongeait dans son ordinateur, pour m’informer de choses que je savais déjà, alors que je venais demander ce qu’on allait faire avec ces injections, quasi-hystérique de manque de sommeil et d’impossibilité de chier !

 

Sa maladresse de communication, je la lui ai reflétée entre quat’zyeux : s’il omettait de me regarder dans les yeux, sans même me demander comment je me portais, tout en se concentrant sur son PC, et se montrait paternaliste (le tapotement sur la main assorti du « ça va aller, Madame », ça m’a mise hors de moi), ça n’allait pas le faire, nous deux. Bon, comme il m’a remerciée de ma franchise, et que je lui rends service, au fond, pour son avenir d’endocrinologue qui va s’installer, c’est de bonne guerre.

 

Il me reste à lui dire qu’il a tout intérêt à au moins quittancer mon ressenti, même s’il a plein d’arguments pour contrer ce que je lui dis, et sans par exemple se moquer du Compendium… : alors que la relation est établie entre la prise de la substance et les insomnies, me dégainer que « Si je devais croire tout ce que dit le Compendium, je ne prescrirais plus aucun médicament », c’est d’un péteux…

 

Je lui ai aussi dit que j’avais choisi le CHU parce que j’étais attachée à la tradition de formation – j’y ai fait mes études, et je ne compte plus les occasions de corriger le tir avec des jeunes assistants également en formation, un peu paumés, en leur suggérant d’aller faire une gazométrie ou de grouper certains examens de labo - et que j‘avais choisi la consultation du CHU par loyauté.

 

 

Mais si c’était à refaire, j’irais dans un centre spécialisé, où tout le monde tire à la même corde sans se tirer dans les pattes et en individualisant les prises en charge. Car en parlant avec une très chère amie de Belgique, dans le même type de démarche, je me suis rendue compte que, comme elle dit, « la majorité des personnes obèses sont du quart monde socio-culturel et il faut qu'elles comprennent » des principes d’alimentation tous nouveaux.

 

 

Voilà pourquoi j’avais l’impression qu’on me parle comme à une demeurée - mais ça n’excuse pas le ton condescendant de certains, ni le parti pris qui semble être la règle : le patient considéré comme basiquement ignorant. Par exemple, je n’ai guère apprécié d’entendre mes propos me revenir aux oreilles, complètement déformés : quand je dis à une diététicienne qu’aux deux tiers de la dose maximale du traitement d’injections, dégoûtée par la nourriture, j’ai dû fractionner mes 2 repas + 2 collations en 6 collations pour arriver à manger le strict minimum quotidien de protéines et de sucres lents, histoire de ne pas faire fondre mes muscles et d’assurer le fonctionnement de mon cerveau, en plus de ne pas risquer de malaise hypoglycémique…et que ça me revient aux oreilles en consultation par une autre diététicienne qui vient me parler de mes grignotages… gonflaga.

 

 

Ce n’est pas à moi de rassurer ces messieurs-dames, c’est à eux de me soutenir dans ma démarche, et à bilanter mes ressources sans se focaliser sur leurs préjugés, basés sur d’hypothétiques limites qui relèvent des statistiques.

 

Bref, une dernière prise de sang pour vérifier que je ne souffre pas de maladie cœliaque (ce serait le comble, après tous les examens menés sur mon métabolisme, il serait plus que temps de s’en préoccuper !!!), et l’affaire est dite. Il me reste à trouver moyen d’arrêter de fumer, du moins momentanément, pour préparer une bonne récupération pulmonaire post-op et assurer une cicatrisation maximale des agrafes… et sur les six semaines pré-op, à prendre de quoi désenflammer mon œsophage un peu irrité, histoire que la tuyauterie soit tout-à-fait en ordre pour la date du charcutage.

 

Donc pour assurer mes arrières, rendez-vous pris en consultation spécialisée pour me sevrer du tabac…et date posée dans mon agenda pour débuter le traitement qui devrait calmer mon œsophagite légère, par ailleurs déjà repérée par un spécialiste il y a deux ans bientôt, et banalisée, à juste titre.

 

 

 

Je me résigne à amputer un organe sain de ses deux-tiers, puisque c’est le seul moyen qu’on connaisse à l’heure actuelle pour contrecarrer durablement un syndrome métabolique indélogeable autrement ; besoin de reprendre vite des activités, de soulager ma hanche qui me fait terriblement souffrir, mes genoux qui craquent, mon dos déjà précaire et ma toute nouvelle inflammation du tendon d’Achille.

 

 

Allez Clem’, dernière ligne droite avant le billard !

 

 

Si ça va ? Oui, ça va. Mais si j’ai le moindre problème de l’ordre de l’acceptance de mon nouvel estomac, je n’irai surtout pas le dire en consultation bien que l’on m’assure que je suis la bienvenue en cas de pépin si petit soit-il : si c’est pour déclencher des alarmes disproportionnées, et un discours amphigourique et déplacé, je me débrouille seule, ou en allant chercher des ressources ailleurs.

 

 

 

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1 décembre 2019 7 01 /12 /décembre /2019 09:06

 

 

Je fais actuellement le suivi d'un apprenti en article 32, qui se forme comme gestionnaire en intendance, à la trentaine.

Il en est à écrire son travail personnel d’approfondissement, on arrive sur la fin de la formation.

 

Une référente suit sa volée de 13 personnes ; elle a visiblement peu de temps et de moyens à consacrer au suivi de cette petite quinzaine - déjà amputée récemment, une des participantes ayant renoncé, semble-t-il découragée par le suivi.

 

Semaine après semaine, mon client se fait ramasser. Et j’en viens à soupçonner un nivellement par le bas, revanchard et abuseur, tellement les corrections requises par la formatrice ramènent le travail à un niveau inconsistant.

 

Les consignes sont dûment suivies, on est dans les clous, mais la fameuse référente trouve toujours à y redire, et de manière de plus en plus vacharde, au point de sortir à mon client en plein cours qu’il est parti pour récolter un « 1 »… mais comme la directrice est venue au couloir s’enquérir tout sourire de la bonne santé de la volée, et que celle-ci lui a répondu d’une seule voix que l’attitude de la formatrice était totalement merdique, celle-ci s’est fait ramasser, et a joué les contrites au cours suivant. Consternant : elle est même tombée dans les bras de mon client en pleurant.

(Ow, désolée pour cette publicité intempestive qui apparaît… veuillez zapper…)

 

 

Le client, paradoxalement, a le moral remonté, il a vu ce que les autres avaient produit, et ne constate pas de différence, d’une part ; donc il est à parier que la référente l’a dans le nez (je comprends, c’est un drôle de caractère, aussi). Par ailleurs, elle va mettre ses petites obsessions au placard (soûler la classe avec un certain travail qu’elle prône comme absolument exemplaire), et commence vaguement à indiquer ce qu’elle, elle veut : mais ça se résume à des détails à changer de place, des conneries à changer dans la table des matières, pourtant calquée sur le travail qu’elle encense… et tout-à-coup le travail de mon client devient à peu près OK.

 

Une tripotée de corrections orthographiques, un peu de mise en page… une bibliographie à poser… une table des illustrations… les trucs qui devraient être faits depuis 2 semaines, si cette cloche de référente malveillante et aux pives n’avait pas mis toute son énergie dans son entreprise de démolition. J’espère qu’elle va réviser sa copie pour les suivants, vu le remontage de bretelles par sa hiérarchie. En tous cas, elle a désormais l’interdiction d’utiliser le travail qu’elle désignait comme le nec plus ultra.

 

Il reste que mon client et moi, nous sommes complètement désécurisés sur le résultat : points de repère flottants, au point qu’il me fait corriger « 30’ » en "30 minutes », "Table des matières" en "Sommaire" et d’autres bêtises dans le même genre, tellement il ne sait plus comment faire pour la contenter.

 

 

En même temps, je m’occupe d’une jeune dame, hongroise je crois, qui suit le même programme que moi il y a bientôt 15 ans, et qui a passé je ne sais comment une remédiation cet automne, avec mon aide dubitative.  

 

Comme le lui a reflété son prof dans le premier rendu qui lui a valu de devoir faire une remédiation, elle ne dit rien mais réussit à se répéter, un exploit !

 

En fait, pour cette remédiation, je l’avais préparée à bluffer complètement, en hyper-structurant des références à connaître sur le bout du doigt… elle revient à présent à la charge avec une sorte de dissertation à produire, son truc est encore en ébauche, 3 lignes et demi, et je ne comprends même pas ce qu’elle me demande, je dois lui tirer les vers du nez… par exemple quand je lui demande pour quand elle doit rendre ce travail, elle me répond juste « oui, la date de restitution », je m’arrache les cheveux, je pense qu’elle souhaite que je lui ponde son truc intégralement.

 

Elle se focalise sur des détails, remplit sa page de diagrammes de génération de parts de marché, relatifs à une toute petite partie du sujet et des données… bref, perd de vue la question et l’ensemble, un désastre.

 

 

Plus ça va, plus je trouve que les gens qui s’adressent à moi n’ont tout simplement par les bases pour obtenir un papier, tous niveaux confondus. Et ce n’est pas les déprécier que le dire, mais faire un constat désolé concernant le dévoyage que les Accords de Bologne ont engendré, quelque part. Car il y a une sacrée différence entre un parcours scolaire et d’études où l’on apprend, pas-à-pas, à produire une dissertation, et une entrée en cursus d’études supérieures sans cet indispensable bagage.

 

Oui, c’est super, même avec un CFC dans les pattes et sans bac, on peut trouver comment accéder aux plus hauts niveaux de formation. Pour ça, oui, le nouveau système est génial et équitable. Ou le semble…

 

Car le revers de la médaille, c’est que (je suppose, hein !), le corps enseignant, qui, lui, n’est pas encore issu, par formation, de ces Accords, a tendance à tenir la dragée haute à des personnes capables ; un peu trop imbu de son propre niveau ?

Paradoxalement, je vois aussi des formateurs, qui ont grimpé les échelons avec le nouveau système, se la péter en étant plus royalistes que le roi.

 

 

Je vois le rôle de formateur comme un travail à centrer sur la manière de refléter aux apprenants comment contourner les difficultés. Et trop souvent, j’ai ce désagréable sentiment que la rétention d’information et un rôle trop pressenti comme « sanctionneur » (je te donne ton papier / ou pas) mettent à mal les belles intentions des Accords.

 

Quand un formateur est ressenti comme source de peur et d’insécurité, parce qu’il ne sait pas (ou ne veut pas ?) dire comment faire pour se corriger, mais impose lui-même des corrections dont le principe n’est même pas énoncé… alors c’est un formateur qui a tout à apprendre du principe formateur.

 

Et la formatrice de mon client en article 32, je la ressens comme répercutant sa propre insécurité – comment expliquer sinon son revirement émotionnel après son engueulade par sa hiérarchie, alors qu’elle était si sûre d’elle, si « mordicus »… et conservant quand même cette insupportable manière de camper sur ses positions semaine après semaine, comme s’il était déjà décidé de l’échec… en se fixant sur des détails dans la production présentée, alors que rien n’est encore gravé dans le marbre… je dis à mon client qu’il faut mettre le toit avant de songer aux dentelles des rideaux, mais si sa formatrice elle-même pratique cette attitude, on est mal.

 

 

Et ça me fait penser à mon dernier module du brevet de formatrice : l’un des deux formateurs avait décidé qu’une de mes potes de volée n’avait pas le niveau – et ça je le sais parce que notre autre formatrice nous l’a dit, texto. Semaine après semaine, il démolissait la production de ma pote, que je secondais, et en lui donnant des injonctions contradictoires : j'étais bien placée pour le mesurer, elle me transmettait tous ses commentaires, et je retravaillais son texte selon les critiques du formateur… une mise en échec programmée. Minable.

 

Résultat des courses : à quelques jours de l'échéance du rendu, juste après mon dernier examen de terrain supervisé par ma formatrice et auquel ma pote avait participé comme apprenante, on s’était retrouvées les 3, ma pote, la formatrice et moi-même, à réarranger ce foutu travail. Dernière chance qu'il soit validé, avant que ma pote ne demande à changer d’évaluateur – ce qui aurait mis la formatrice en position délicate, car elle serait devenue, du coup, l’évaluatrice de rechange : ça aurait déprécié la collégialité entre eux.

 

Ambiance lors de cette séance de réécriture : la formatrice en pétard de voir son collègue aussi buté, ma pote en larmes, et moi très mal à l’aise – déjà ce sentiment que même si le travail répondait parfaitement aux consignes, son évaluateur faisait de l’abus de pouvoir.

 

 

Le travail avait fini par être validé, mais comme de mauvaise grâce. Et tout ça par manque de bienveillance, à mon idée ; on aurait dit que le formateur réticent avait peur que ma pote accède à un niveau que lui-même avait sûrement dû lutter pour obtenir.

 

Et si tous les efforts ne sont pas mis pour pousser un apprenant à se sortir d’affaire avec des ressources moins valorisées, avec d’autres types d’intelligence que celles qui ont longtemps fait la loi sur le marché des diplômes (les lettres et les maths), alors à quoi ça sert d’avoir un plan général qui cherche à pousser les gens vers le haut même s’ils n’ont pas eu les mêmes chances au départ ? Un formateur qui commence à se poser en juge personnel, c’est un formateur qui sape le nouveau système.

 

 

 

Là, il y a comme quelque chose de pourri au royaume de la formation…

 

Je réouvre pour rajouter le compte-rendu d'une petite conversation avec une très chère amie, formatrice comme moi. Contexte: tout tranquille, en se baladant dans un marché de Noël.

Spontanément, et sans que je lui fasse part de mes réflexions ci-dessus, elle me rapporte, texto, le comportement et les évaluations abusives de formateurs qu'elle côtoie. J'en étais sur le cul.

Juste un exemple: référente en hygiène hospitalière dans l'EMS où elle travaille, elle a bondi quand elle a appris qu'une formatrice externe prétendait que pour désinfecter un chariot de soins, il fallait décrire une spirale de l'intérieur à l'extérieur de la surface. On fait ça pour désinfecter une plaie opératoire, oui!

Mais un chariot, là, c'est grotesque: on vaporise le plateau, on nettoie comme on le ferait d'un table et on termine en nettoyant les côtés et les tiges métalliques externes, è basta.

 

Et des gens qui peuvent sanctionner en donnant des points, faire du coup échouer ou réussir, peuvent appliquer ce genre de déconnage stupéfiant? Sans se remettre en question?

 

Au regret je suis de préciser que la déconneuse en question appartient à un organisme qui a la main haute sur le personnel des EMS… c'est grave, de faire dépendre une réussite d'examens finaux de ses petites manies personnelles, et en édictant des procédures qui ne reposent sur rien de sensé.

 

 

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19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 06:57

 

 

Quand on se débrouille assez bien avec la langue française, quelle bonne idée de proposer ses services à des personnes diversement en souffrance avec l’élaboration de textes, quel qu’en soit le but.

De la simple missive officielle, pour obtenir un congé scolaire spécial de son gosse, à l’aide à la production de travaux conséquents de fin de formation, en passant par des postulations ciblées, le panel de situations est des plus vastes.

La navigation entre de simples dépannages et une aide soutenue, sur quelques semaines, pour déterminer et viser des objectifs tout en se calant dans les consignes données, elle paraît simple.

 

Mais lorsque la demande est clairement la recherche d’un « nègre » pour faire le travail de l’étudiant à sa place, travail qui vise à prouver sa capacité à s’organiser, collaborer et produire un texte dans les clous de l’agenda et des indications données, et que cet étudiant se présente avec une demande pressante, voire désespérée, à 3 jours, je dis bien TROIS JOURS ! de l’échéance…

… une réflexion déontologique s’impose.

 

Est-on d’accord de s’accommoder de la fierté de réussir un tour de force (en 3 jours, lire un ouvrage de plus de 200 pages, l'analyser ainsi que les instructions reçues et produire une réflexion écrite), pour sortir de la merde un futur bachelier qui n’a d’autre excuse que celle de n’avoir pas réussi à contrôler un pan essentiel de son apprentissage, et censé être à sa portée ? Exploit qui va en fait lui rendre le mauvais service de ne rien apprendre de ses erreurs ? En plus de le mettre dans l’inconfortable situation consistant à défendre par oral un tel travail lors d’une prestation le mettant sur la sellette et lui fait ainsi courir le risque de voir son imposture démasquée ?

 

Des gymnasiens tellement pleins de fric qu’ils peuvent raquer, rubis sur l’ongle, entre 800 et 1000 CHF (et la performance le vaudrait, pour sûr!), il se peut qu’il en existe. Et de mon expérience, pour des sommes tournant plutôt autour du dixième de ce montant, plutôt enclins à la mauvaise foi pour négocier des rabais exorbitants, ou à des promesses dont il est permis de douter fortement.

Des irréalistes se victimisant, qui mettent la pression en pleurnichant que l’enjeu est de ne pas perdre une année, en court-circuitant un essentiel apprentissage en matière de gestion de projet, il y en a : la pitié est tout autant mauvaise conseillère, pour endosser un mandat aussi casse-gueule pour les deux parties.

 

Historique des échanges ci-dessous.

Première étape: sitôt la demande lue, réclamer d'avoir accès  sur l'heure aux instructions et au travail en l'état, pour produire un devis, en cas de faisabilité. Et indiquer un créneau-horaire d'appel, après une marge de temps suffisante pour se déterminer; et surtout ne rien promettre.

Deuxième phase: une heure avant le créneau indiqué, envoyer un mail refusant d'entrer en matière, vu qu'aucun document n'avait été envoyé.

Une heure après le créneau indiqué parvient un SMS d'excuses vaseuses, insistant pour avoir rendez-vous pour le lendemain-même, ainsi que la veille du rendu.

Une heure encore après, arrivent les consignes en fichier attaché… dans un format illisible (pas de travail en l'état, par contre). Le mail dit que l’application par laquelle le contact a été établi a buggé, ce qui est impossible : comment oser argumenter que la première phrase et la dernière de la réponse faite à la demande ont été bien comprises, mais que le milieu du message qui réclame les documents indispensables pour évaluer la faisabilité du projet, aurait, lui, disparu ?

 

Je réitère poliment et fermement mon refus, me signalant disponible par la suite pour un travail de coaching débutant quelques semaines avant la date du rendu.

Et enfin, silence de l'autre côté.

 

Mais...

Est-ce que l'un prendrait l'autre pour une imbécile ?

Ce n'est pas la première fois que j'ai affaire à des gymnasiens de dernière année qui demandent, à quelques jours de l'échéance, une intervention urgente du genre "corrections", et qui s'avère une merde infâme dont le contenu est incompréhensible, contradictoire et sans aucun sens. Tout est à refaire, tout. Ou alors, il n'y juste... rien.

 

Où est le problème, exactement ?

 

Je conçois que l’on puisse simplement être débordé, stressé (comment ne pas l'être, dans ce cas de figure), mais venir poser son sac de merde sur la table, et en cas de refus poli, insister lourdement pour le faire, là, c’est non.

 

Obtenir un bac ou un bachelor HES, c’est avoir prouvé que l’on est capable de gérer un projet : poser des échéances, se laisser de la marge, agender les diverses tâches, les réaliser ou remanier les objectifs/les contenus… et ne pas mettre la charrue avant les bœufs.

 

J’ai personnellement vécu il y a 8 ans une catastrophe de travail de groupe, dont je voyais venir l’échec dès le début : en formation continue répartie sur six mois pour obtenir le premier degré de formatrice d’adultes, je me vois obligée de me joindre à une équipe à la dynamique douteuse : sur 5 personnes

 

-          un chefaillon qui sous prétexte qu’il a proposé le thème et la problématique à travailler, issus de son travail auprès d’immigrés en intégration, prend d’autorité la décision de répartir entre les personnes les divers travaux à faire dans chaque phase ; bien sûr suivi par

 

-          une éducatrice paresseuse qui disait clairement que moins elle en foutait, mieux elle se portait. Et se posait pourtant en inspectrice et correctrice des travaux finis…

 

Les trois autres : Sylvie, avec laquelle j’ai pris en charge la lecture et la synthèse des idées fortes d’une bibliographie ciblée (ma spécialité), ainsi que la première évaluation in vivo du cours à remanier lors de ce travail, pour le faire passer de l’ex-cathedra à une forme participative – et bien sûr, l’évaluation du cours ainsi remanié, toujours in vivo. Et une adorable et dynamique concocteuse d’outils pédagogiques ludiques.

Et moi, fraîchement bachelière HES en information documentaire, qui venais d’obtenir avec mes coéquipières un prix prestigieux de fin d’études – se démarquant en coup de cœur chez les évaluateurs, pour avoir intégré les mandants d’un projet tout au long de son élaboration, mutualisant les savoirs et les ressources et leur donnant finalement une boîte à outils basique pour gérer eux-mêmes la revalorisation de ce qu’ils avaient en main.

J’étais donc ferrée à bloc pour offrir une facilitation certaine au déroulement de ce nouveau travail de groupe. Mais le groupe, séduit par le mirage du gain de temps, adhère à l'autorité du chefaillon et la mollesse contrôlante de l'autre tache. Moi pas, mais je suis minoritaire.

Je suis gonflée et je me donne le beau rôle ? Bien sûr ! Si vous voulez. Lisez juste la suite.

 

A partir des éléments bibliographiques, il fallait poser des objectifs généraux et spécifiques, PUIS déterminer la mise en œuvre, élaborer les outils, les intégrer… et tester le résultat. Des phases successives, avec des tâches découlant du résultat des précédentes.

Ben non. Tout le monde a travaillé dans son coin, à part Sylvie et moi, qui nous étions logiquement réparties les lectures bibliographiques et leur synthèse en fiches de lecture.

 

Au final, sans cohérence réelle, collaboration plus que houleuse : le cours qu’il fallait remanier est resté un cours de merde. Jolis outils, déroulement non moins tape-à-l’œil sur le papier, mais formateur reprenant la main et dirigeant les travaux, court-circuitant ses ouailles.

 

Donc entre la première et la dernière évaluation du cours à transformer, le constat sans appel : c’est le formateur, le chefaillon, qui restait dans son niveau d’incompétence, tellement son besoin de pouvoir était primordial – il n’a pas apprécié notre évaluation, d’autant plus qu’il est venu fouiner dans les échanges collaboratifs en ligne entre Sylvie et moi, nous interrompant pour nous engueuler et nous retardant, alors qu’on cherchait comment lui refléter son plantage-en-beauté, au lieu de chanter ses louanges comme il s’y attendait.

Donc fâcherie.

 

Qui reprend les ruines du projet, pour en tirer un rapport écrit tout juste potable, à force de tenter de faire coïncider les chaos variés de ce travail non-collaboratif ? Moi, vu ma spécialité d’écrivain public et mes diverses et récentes expériences en matière de gestion de projet.

Tout en tentant de manœuvrer diplomatiquement pour, sans en avoir l’air, éviter de suivre les conseils débiles de la relectrice auto-proclamée (l’éduc avec les côtes en long).

Et évoquer sur des pantoufles que le remaniement de la formation en question passait par une prise de conscience qu’un formateur est un valorisateur des compétences des participants, et un aiguilleur vers les ressources personnelles qui leur permettront de progresser par eux-mêmes. Ce qui à l'évidence n'avait pas eu lieu!

 

Si La Fontaine s’était inspiré de tout ça pour des fables, il en aurait tiré les personnages de la mouche du coche, et de la grenouille qui se voulait bœuf.

Et quant à mon personnage, un hybride de l’hirondelle prédisant l’avenir aux petits oiseaux, et de la fourmi moralisatrice ; ouais, quelque chose du genre… la Cassandre à laquelle on a envie de casser la gueule, et je comprends ça très bien.

 

Notre travail a été validé, finalement ; mais parce qu’en évaluation orale devant tout le groupe, il est finalement ressorti que la méthode de travail répartissant les tâches était mauvaise (sans blague). Ce qui a permis de « couvrir » l’autre problématique : on n’avait rien remanié du tout, car si les supports étaient OK, c’est le formateur lui-même, un monstre d’orgueil et d’insécurité à la fois, qui ne voulait pas travailler le souci central.

C'est-à-dire son retrait modeste au rang de médiateur de groupe, ce qui supposait de redonner le pouvoir à ses apprenants – ce qu’est, finalement, un des rôles majeurs d’un formateur d’adultes.

 

 

Conclusion : avec des expériences fondatrices comme celle-là, j’apprends à éviter les rôles marécageux du triangle infernal qui fait passer les uns et les autres par tous les rôles de bourreau, victime et sauveteur.

 

Alors chers gymnasiens aux pives, ne me demandez plus de mission de secours à 3 jours d'une échéance fondamentale – surtout si je spécifie, dans mon annonce d’offre de coaching, que PRECISEMENT, je ne fais pas ce genre de sauvetage à la con.

 

Je reste à disposition pour collaborer et coacher, pas pour travailler à votre place.

 

 

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10 septembre 2019 2 10 /09 /septembre /2019 11:28

 

Ce week-end, en sortie avec des camarades d’études professionnelles d’il y a 35 ans, j’ai pu malgré tout satisfaire mon fondamental besoin de solitude : une chambre seule à l’hôtel, histoire de cultiver mes insomnies, mes recherches sur le net, mes pauses clopes sous la lune, sur la terrasse privative… entre un bain bouillonnant, une sortie pour goûter l’assourdissant spectacle des cascades glaciaires du Trümmelbach, un souper sympa et un petit-déjeuner de deux heures tous ensemble.

 

Juste avant cette équipée, j’étais retombée par hasard sur un titre de Simply Red, et de fil en aiguille, pour retrouver ses meilleures chansons, une petite playlist s’est mise en place.

Et puis, que devenait-il, Mick Hucknall, au physique si particulier, avec sa chevelure magnétisante et sa voix puissante…

 

Je le retrouve marié et père d’une gosse de bientôt dix ans ; lisant les articles et les interviews, je retrace d’abord un parcours de conquêtes féminines qui en a scandalisé certains. Puis après 5 ans d’errance amoureuse misérable, suite à sa séparation d’avec celle dont il savait pourtant qu’elle était son match, ils se retrouvent et ne se quittent plus.

Je continue alors d’explorer sa discographie, ses looks… je plonge alors dans un univers à la fois magnifique et nostalgique, émouvant au possible.

A la période où il a enfin laissé sa crinière vivre sa vie, sa garde-robe a suivi son tempérament ; il est devenu vraiment fascinant de beauté délicate et androgyne –  solaire et irrésistible.

Et les morceaux que j’ai sélectionnés me frappent soit par leur frénésie de bouffer la vie à pleines dents, soit leur profonde mélancolie en évoquant ses amours, naissantes puis foutues…

 

Pour ne citer que ces deux-là, « Enough », et « More ».

Les oxymores parfaits : assez de chercher comment s’entendre avec des femmes de passage… tout en tentant de surmonter un chagrin d’abandon dans sa petite enfance. Mais pour rester focus sur ce qui fut, plutôt que sur ce qui n’a pas existé, et comme il le souhaite à présent, célébrer son père qui avait assuré son entretien et son éducation, je n’insisterai pas.

 

Entre des harmonies faites de ruptures de rythme et de mélodie, mélangeant la rythmique reggae et l’atmosphère blues, certains de ses titres me chamboulent profondément et durablement, et aux larmes…

 

« Money’s too tight to mention » « Come to my aid », « The Right Thing » , « Sunrise », « Fairground », « Something got me started »…

Mais je reviens encore et toujours à « Enough », et « More », les plus bouleversantes de l’impuissante douleur à tenter d'aimer, tant qu’on n’a pas rencontré ou retrouvé son Big Love.

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25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 21:11

 

En formation continue sur une plateforme de réseautage, j’arrive au bout de mon stage de 5 mois ; malheureusement rallongé d’un mois, à mon grand dam… sous prétexte de pouvoir me laisser suivre un seul cours d'une journée, dont je me serais bien passée.

 

J’avais hâte de m’en aller, je me réjouissais de compter mes derniers jours, sur mes dix doigts… quelque chose ne jouait pas dans le style de leadership pratiqué là-bas.

 

Repérée très vite pour mes compétences de formatrice, je m'étais retrouvée dans un filet poisseux, qui réactivait mon immense méfiance à l’égard des structures altruistes.

 

De par mon premier métier de soignante, je suis vaccinée contre les managements qui paient mal tout en matraquant des valeurs faisant vibrer les cordes sensibles – l'engagement, le volontariat, "aider les (pauvres) gens" - surtout quand le tout s’assortit de maltraitance subtile à l’égard des collaborateurs.

 

En quelques épisodes saumâtres, égrenés sur ces 4 derniers mois, je suis arrivée à la conclusion que même sollicitée par 3 chefs de projets sur les 4 que compte cette plateforme, il faudrait que je trouve le courage de refuser tout mandat.

 

La direction, puis ces 3 chefs de projets m’avaient approchée tout-à-tour : c’était d’abord gratifiant et enthousiasmant qu’on me propose du travail…

 

… mais quand l’un a tenté de m’utiliser pour que je travaille gratuitement à sa place, de manière olé-olé, afin qu’il puisse prendre des vacances… avançant en guise de rémunération, une attestation à faire valoir sur mon CV… et ne m’a pour ainsi dire plus parlé après que j’aie mis les choses à plat…

 

… quand le deuxième qui d’abord me portait aux nues en pensant que j’allais m’engager sur son projet personnel sans contrat signé, là, tout de suite et maintenant, pour faire à sa place son travail sur son projet personnel - et devant ma temporisation bien compréhensible, m’avait disqualifiée et avait profité d’un atelier de réflexion pour régler ses comptes sournoisement … je me suis dit que décidément, ce que je flairais là-bas de foireux, faute de le comprendre, devait m’inciter à une prudence extrême.

 

Le troisième souhaitait m’engager pour donner des formations ; au passage, m’a sollicitée pour poser par écrit mes réflexions sur les changements à opérer sur cette plateforme vu ce que j’avais observé, et dont je lui faisais part en toute confidentialité ; puis m’a vertement répondu un vendredi soir vers les 22 00, concernant ma manière de les lui faire parvenir (par pli postal, et en lui expliquant avec un humour qu’il adorait d’habitude, qu’une forme numérique me mettait en danger, vu que mon identité allait apparaître dans le codage du document) - un vendredi soir à 22 00 ???

 

 … j’ai alors eu plein les narines d'un parfum que je connais bien : l'arnaque mentale - conditionnée par une énorme pression à gérer et un style hyper-relou émanant du leader.

 

J’essplique : l'hyperconnectivité pratiquée par le bonhomme, donc son contrôle permanent (même pendant ses vacances !) - étant le modèle de communication, ça mettait visiblement sur les dents tout ce beau monde… d’autres épisodes grinçants m’ont définitivement mise en niveau d’alerte maximale.

 

Car ce que je percevais aussi, c’est que ces messieurs chefs de projets frisaient le burn-out – y compris le 4ème auquel je n'avais pas eu affaire: il s'était presque mis à pleurer en se présentant les premiers jours…

 

Les autres, pêle-mêle, présentaient des symptômes alarmants : pour l’un, une bronchite en plein été, le faciès gris, le discours confus et redondant, ne donnant pas suite à mes propositions très concrètes après les avoir réclamées, et n’ayant même pas l’idée d’utiliser un outil collaboratif pour que sa nouvelle collaboratrice et lui puissent travailler sans s'épuiser / pour l’autre, une tension visible et une labilité de jugement déroutante, sous couvert de dynamisme / le dernier, perdant toute mesure d’écoute, lisant tellement mal les mails qu’il répondait complètement à côté de la plaque, se positionnant en donneur de leçons - et rappelé au milieu de ses vacances, pour pas grand-chose.

 

Des gens fragiles, et fragilisés par le management ; je trouvais déjà interpellant qu’ils aient été recrutés après leurs propres stages sur la plateforme.

 

Je comparais avec ma propre évolution dans cet endroit : être repéré pour ses compétences, lorsqu’on atterrit en mesure de réinsertion, c’est si flatteur !!! Comme me l'avait dit mon interlocuteur privilégié là-bas, un adorable assistant FrontOffice : "Beaucoup de participants voudraient travailler ici."

 

Je veux bien le croire : être engagé au sein d’une entreprise axée sur un projet social, donc supposée bienveillante, après avoir été profondément blessé par le monde du travail, ça met en position de victime sauvée par une solution qui tombe du ciel, aux valeurs apparemment inattaquables… tiens, ça me rappelle le mode de recrutement de l’islamisme radical.

 

On repère des paumés, on leur promet 72 vierges à leur arrivée au paradis quand ils se seront fait sauter le caisson en attentat-suicide, et le tour est joué.

 

Je n'ai jamais apprécié le directeur, qui cultivait une aura d’impassibilité distanciée, et surtout une attitude compassionnelle appelant chez ses subordonnés au sacrifice de soi. Sans s’engager lui-même, et en se défilant quand sa présence aurait été souhaitable – mais en se mettant en avant dès qu’il le pouvait.

 

Un comportement du genre pervers narcissique – c’est d’ailleurs ainsi que me l’avait désigné un des chefs de projet, auprès de qui je m’étonnais de l’absence du type en question à des journées-ateliers sur les divers projets des participants se déroulant sur son propre territoire, où tous les autres directeurs étaient pourtant présents et actifs, sauf ce monsieur – à part au buffet dînatoire…

 

Sous couvert de libéralisme managérial (du genre « carte blanche »), laisser ses chefs de projets nager, littéralement, sans cahier des charges, sans outils ni reconnaissance, quel foutage de gueule.

 

C’est spéculer et capitaliser au moyen des faiblesses et de l’énergie des autres, pour se faire reluire l’ego.

 

Comme un mécène qui encouragerait à se lancer dans de belles constructions, mais sans lâcher un kopeck ensuite… comme ces jeux de l’avion, qui te laissent t’épuiser à enrôler des naïfs, alors que seuls les initiateurs du jeu vont récolter des sommes considérables pendant que toi tu espères juste récupérer ta mise quand tu te rends compte de ce qui est en train de se passer - et ne pas trop te fâcher avec ceux que tu as recrutés, quand ils s'aperçoivent qu'ils y ont laissé leur bas de laine.

 

Le principe de Ponzi, transposé aux énergies psychiques déstabilisées.

 

Madoff de mes deux, ouais!

 

Exemple du désengagement du mec : je suis recrutée pour un projet dit externe (un coup de pouce auprès d’une organisation humanitaire désargentée - pour changer, tiens…), projet chapeauté par le directeur de la plateforme jumelle d’une autre ville.

 

Un contrat de collaboration doit être signé, c’est évident.

 

Je maile au directeur de « ma » plateforme que sa signature va être requise ; sa réponse me laisse sur le cul, tellement elle est suffisante :

 

« KIS.... Keep it simple ;-)

Si vous pouvez aider cette association qui en a besoin, allez-y !"

 

Ben voyons.

 

Dans les deux minutes, l’autre directeur lui adresse le contrat à signer et me met en copie le message.

 

Silence-radio depuis cette réponse de foutriquet… (ça fait 5 semaines).

 

 

ET...

 

Coup de théâtre il y a 3 jours.

 

J’apprends vendredi après-midi, par un mail général adressé aux participants et aux chefs de projets, que l'arrogant directeur en question est licencié avec effet immédiat, vu qu’il refuse de se plier aux exigences de réorganisation de ses supérieurs hiérarchiques - exigences dictées par l'organisme fédéral qui allonge la monnaie.

 

Réorganisation qui devait probablement le cadrer serré, donc lui faire perdre sa belle liberté de gérer son rôle avec son style plus que douteux.

 

 

Je dirais pas que je jubile, mais cette annonce m’a soulagée.

 

J’espère que son management n’a pas trop fait de dégâts.

 

J’espère que le nouveau directeur par intérim (celui qui s’occupe de l’antenne pour laquelle je suis en cheville avec le projet externe) va pouvoir redresser la barre.

 

Déjà, bon signe : celui-ci ne fait pas dans l’hyperconnectivité sur son temps privé, semble-t-il. Et sans être autrement chaleureux, fait son taf, autant que j’aie pu constater.

 

Et si l’on me relance pour un engagement comme formatrice, la première chose que je ferai, c’est de m’entretenir avec le chef de projet du secteur Formations pour éclaircir le bug de communication qui a refroidi l’ambiance - bug conditionné par la pression énorme du leadership en place, à mon avis.

 

Je me préparais à refuser, souhaitant m’éloigner le plus possible de la plateforme vu le style managérial imbuvable… et sûrement en cause dans notre malentendu.

 

Les négociations redeviennent donc possibles. Mais juste... possibles.

 

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